Des livres à vivre

Sélection de 2024

Vous trouverez ici notre sélection de « livres à vivre » pour l’année 2024. N’hésitez pas à nous transmettre vos impressions, vos suggestions en utilisant notre formulaire de contact ou par e-mail à l’adresse : helene.borlee@artdumassage.be.

On ne naît pas femme, on le devient, couverture du livre de Fabienne Brugère - éditions Stock

Éditions Stock

On ne naît pas femme,
on le devient

Un ouvrage de Fabienne Brugère

À travers une combinaison d’histoires personnelles et de recherches académiques, Fabienne Brugère montre comment le genre est déterminé par les normes sociales, les attentes et les pressions. L’auteure souligne que les femmes sont souvent confrontées à des obstacles systémiques qui les empêchent de réussir dans certains domaines.
Elle met également en évidence les façons dont l’inégalité de genre affecte la vie des femmes, de l’écart de rémunération entre les sexes à la violence de genre. Cet ouvrage nous renvoie aux débats actuels sur les violences économiques faites aux femmes.
Simone de Beauvoir disait : « On ne naît pas femme : on le devient. » Fabienne Brugère décline cette phrase à travers les différents âges de la vie, de la naissance, la jeunesse, l’âge adulte à la vieillesse. Elle montre comment la femme est à la fois piégée par la norme et cependant en mesure de se libérer.

Un féminisme ordinaire

La démarche ici s’écarte de celle de personnalités comme Catherine Millet, Virginie Despentes ou Catherine Breillat qui ne mettent en scène que des héroïnes ou des antihéroïnes. Rien à voir avec la vie au quotidien. Fabienne Brugère veut nous parler des femmes ordinaires, de la banalité de leurs vies, lesquelles ne sont jamais les mêmes que celles des hommes.
Mais comment écrire sur la normalité quand certaines femmes n’ont même pas accès à une vie vivable ? Comment des femmes peuvent-elles vivre normalement quand d’autres sont torturées, mutilées ou tuées tout simplement parce qu’elles ne sont pas nées là où il fallait, ou qu’elles ne sont pas à la bonne place, au bon moment ? 

La normalité est une prison

Longtemps, la normalité a été une prison pour les femmes. Une normalité imposée par la domination masculine à travers un contrôle de leur corps et de leur esprit. Elle a rendu efficientes des divisions tragiques entre femmes normales et anormales et entretenu la figure de la sorcière maléfique, de l’hystérique ou de la folle incomprise, écrit Fabienne Brugère. Avec la libération des femmes, ces normes n’ont pas pour autant disparu : elles sont devenues plus subtiles et, la plupart du temps, refaçonnées par un système néolibéraliste qui met l’accent sur la réussite de quelques femmes parmi la multitude. Le carcan de la normalité a donc seulement été occulté. Pour quelque temps. 

Le récit de ces « femmes normales » à travers les périodes de leur vie

L’auteure, dans son analyse, découpe les choses en prenant comme références les périodes clés de la vie : la naissance, dix ans, vingt ans, trente ans, etc. Les normes de vie ont pesé sur elle comme sur tant d’autres : sois sage, sois belle et douce, travaille, mais n’oublie pas ton foyer, trouve un homme ambitieux, fais des enfants, mais pas trop tard, occupe-toi de tes petits-enfants, etc. Tous ces mots d’ordre se disent et se transmettent à tel ou tel moment de la vie des femmes, lesquelles ne sont jamais en paix.

Les choses peuvent-elles un jour changer ?

On parle, en effet, aujourd’hui, de l’effondrement de la domination masculine. On entend dire que l’autorité des pères est en voie de disparition, que les hommes ne savent plus quelles relations nouer avec les femmes. Pourtant, quels sont aujourd’hui les pays où les femmes sont libres ? Quelles sont les régions du monde où les violences qui leur sont faites ont disparu, où la pauvreté ne les concerne pas en priorité ? 70 % des pauvres dans le monde sont des femmes, 2/3 des analphabètes et la création artistique leur a très longtemps été interdite… Des statistiques qui sont accablantes. Dans l’histoire, quand les femmes ont cherché à s’émanciper, tout s’est souvent mal fini pour elles.
Bien sûr, on pense à ces femmes d’exception : George Sand, Clara Schumann, CamilleClaudel… Parlons-en ! Seule George Sand brouille les pistes, sort de la normalité en s’habillant comme un homme, en choisissant un prénom masculin, en s’entourant, à Nohant, d’une pléiade d’amoureux, amants, amis. Elle est la seule femme du XIXe siècle à vivre de sa plume. Bien sûr, Camille Claudel ne se soumet pas au destin ordinaire des femmes de son époque, mais elle finit annihilée par son impossibilité à se faire reconnaître comme l’égale de Rodin. Quant à Clara Schumann, elle renonce par amour à son destin de compositrice pour devenir, certes, une remarquable interprète et une professeure brillante. Toutefois, elle manque à la place qu’elle aurait pu occuper comme compositrice dans l’histoire de la musique.

Les normes nous habitent
Pour l’auteure, c’est un fait acquis, les normes nous habitent et nous les réalisons plus ou moins. De toute évidence, conclut l’auteure, les femmes continuent à être contrôlées, légitimes dans certaines places et indésirables dans d’autres. Elles sont assujetties et sommées de se taire ou de respecter le chemin que l’on trace pour elles. Comment dès lors se réinventer pour se libérer ? Adoptons, nous dit l’auteure, cette conclusion du Deuxième sexe de Beauvoir : « L’avenir demeure largement ouvert ».

Fabienne Brugère a enseigné la philosophie comme allocataire monitrice normalienne à l’université Paris X-Nanterre (1992-1995), attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’université de Brest et à l’université de Nantes (1995-1997), maître de conférences à l’université Toulouse-Jean-Jaurès. Elle est élue professeure à l’université Michel de Montaigne Bordeaux-III avec un intitulé « philosophie de langue anglaise » après une habilitation à diriger des recherches soutenue à l’université de Paris X-Nanterre en novembre 2003 sur le thème « L’empirisme et ses opérations esthétiques ». Elle quitte Bordeaux pour l’université Paris-VIII en septembre 2014. Elle est professeure invitée dans les universités de Hambourg, Québec et Munich.
Elle a été présidente du Conseil de développement durable de Bordeaux entre juin 2008 et juin 2013. 
Elle dirige les collections « Lignes d’art » et « Care studies » aux Presses universitaires de France, Paris et « Diagnostics » aux éditions du Bord de l’eau, Bordeaux/Lormont.
Elle est chevalier de la Légion d’honneur depuis avril 2015.

On ne naît pas femme, on le devient est paru le 10 avril 2019 chez Stock dans la collection Puissance des femmes.

224 pages. ISBN : 978-2234086210.

Économie du texte :

Introduction / Naître / Dix ans. Grandir / Vingt ans. Aimer / Trente ans. Travailler / Quarante ans. Prendre soin / Cinquante ans. Revivre / Et après… vieillir ? / Conclusion

*** De la même auteure, à lire absolument : L’éthique du care, Presses Universitaires de France, 2017.

Ilios Kotzou, Éloge de la lucidité, première de couverture

Éditions ROBERT LAFFONT

ÉLOGE DE LA LUCIDITÉ

Se libérer des illusions
qui empêchent d'être heureux

Un ouvrage d'Ilios Kotsou

Notre époque semble dominée par la poursuite aveugle et effrénée du bonheur. Cette frénésie que nous mettons pour l’atteindre n’est-elle pas la raison même de notre échec et de notre insatisfaction ?
Cet ouvrage, qui développe une autre vision du développement personnel, prend le contre-pied des livres, méthodes magiques et velléitaires, cependant toutes étiquetées « positives », dont le « marché des recettes du bonheur » nous inonde, car le marché du bonheur fait du chiffre, à n’en point douter.
« Un ouvrage gai, plein de fraîcheur et rempli d’une énergie contagieuse. Qui va vous mettre le cœur en joie et l’esprit en mouvement », nous dit Christophe André, qui signe la préface.

As-tu réfléchi quelquefois combien cet horrible mot « bonheur » avait fait couler de larmes ?
Sans ce mot-là, on dormirait plus tranquille et on vivrait plus à l’aise.

Gustave Flaubert

Le paradoxe de la recherche du bonheur

Le bonheur. Plus nous le cherchons, plus il semble se dérober. Comment expliquer cette démarche paradoxale ? C’est que, de toute évidence, la majorité d’entre nous cherche un bonheur idéalisé, impossible à atteindre, qui soit synonyme d’une vie sans souffrances, avec des émotions toujours positives, une estime de soi sans faille et un épanouissement professionnel et personnel constants. Autant de mirages qui renforcent notre égotisme et nous font passer à côté de l’essentiel : la possibilité d’être heureux malgré les vicissitudes de la vie.

La lucidité qui sauve

Ilios Kotsou nous invite dès lors à partager une lucidité rayonnante afin de tenter de déjouer ces idées trompeuses et de découvrir les conditions du bonheur véritable. Il nous explique avec intelligence et humour comment une conscience clairvoyante nous ouvre à la tolérance, à la douceur pour soi et à une compréhension plus profonde de nos émotions. Pour accepter notre vulnérabilité comme un trésor, et trouver en soi une joie durable, celle qui est portée par la beauté et la valeur réelles de nos vies.

Dans la première partie, après avoir traité du bonheur idéalisé proposé par notre société, l’auteur analyse quatre mirages du bonheur vendus comme des évidences. Il les déconstruit les uns après les autres en se fondant sur de récentes découvertes de la psychologie expérimentale. Il aborde l’intolérance à l’inconfort qui peut mener à une souffrance plus grande, la peur d’avoir peur et l’exploitation sociale qui en découlent, puis les potentiels effets pervers de la pensée dite « positive », les dégâts occasionnés par la course effrénée à l’estime de soi…

La seconde partie de l’ouvrage évoque des comportements alternatifs susceptibles de nous sortir de l’impasse. L’auteur montre comment la tolérance envers nos émotions, même les plus douloureuses, nous permet de ne pas aggraver nos souffrances et de vivre plus libres. Il nous fait découvrir comment le détachement peut être plus efficace que le contrôle de nos pensées. Il nous amène à comprendre pourquoi et comment la prise de conscience de notre fragilité et la douceur envers soi sont des clés fiables pour s’affranchir du regard des autres. Enfin, il conclut en évoquant les pistes qui nous permettent de nous relier au monde de manière plus universelle et comment la lucidité, cette alliée de choix, va nous mener sur le chemin qui nous aide à habiter la vie, plus joyeusement, plus sereinement.

Ilios Kotsou est Docteur en psychologie, chercheur au sein de la chaire « Mindfulness, bien-être au travail et paix économique » de Grenoble (École de Management). Il est membre du Mind & Life Europe et co-fondateur de l’association Émergences qui œuvre pour une société plus solidaire et consciente, et finance des projets humanitaires. Il intervient sur les thèmes de l’intelligence émotionnelle et de la pleine conscience (Université Libre de Bruxelles, Louvain School of Management, Université de Savoie). Ilios Kotsou fait partie de l’équipe pédagogique du DU Méditation de l’Université de Paris-Sorbonne.

Ilios Kotsou - l'invité des cinq dernières minutes du JT d'Élise Lucet - France 2

4 février 2015 – Durée : 4 min 48 sec.

Lire la vidéo sur Ilios Kostou reçu par Elise Lucet au journal de France 2

Éloge de la lucidité est paru le 20 février 2014 chez Laffont dans la collection Bien-être – Psy.

Préface de Christophe André. 270 pages. ISBN : 978-2081439412.

Du même auteur

Pleine conscience et acceptation : les thérapies de la troisième vague, avec Kelly Wilson, Alexandre Heeren et Christophe André, De Boeck, 2011.

Psychologie positive : le bonheur dans tous ses états, sous la direction de Ilios Kotsou et Caroline Lesire, avec Christophe André, Isabelle Filliozat, Eric Lambin, Jacques Lecomte, Matthieu Ricard, Thomas d’Ansembourg, Jouvence, 2011.

Petit cahier d’exercices de pleine conscience, Jouvence, 2012.

Petit cahier d’exercices d’intelligence émotionnelle, Jouvence, 2012.

Intelligence émotionnelle et management : comprendre et utiliser la force de nos émotions, avec Peter Salovey, De Boeck, 2012.

Se changer, changer le monde, avec Christophe André, Jon Kabat-Zinn, Caroline Lesire, Matthieu Ricard, Pierre Rabhi, L’Iconoclaste, 2013.

Aimer d'amitié - Jacqueline Kelen, photo de la première de couverture

Éditions ROBERT LAFFONT

AIMER D'AMITIÉ

COmment l'amitié enseigne à aimer

Un ouvrage de Jacqueline Kelen

A priori, on pourrait se dire : « Pourquoi un nouvel ouvrage sur l’amitié ? Le sujet n’a-t-il pas été traité maintes et maintes fois ? »
La vérité, c’est qu’aujourd’hui tout change très vite et, justement, l’amitié tend à occuper une place prépondérante – et différente – dans les rapports humains. Dans la vie professionnelle d’abord et dans la vie privée ensuite. Entre hommes et femmes, le paysage relationnel se dessine autrement et même entre ex-partenaires amoureux. Les relations interpersonnelles d’amitié, une fois débarrassées du désir amoureux, se veulent plus profondes, plus durables, plus harmonieuses et plus lucides.
L’auteure analyse cette nouvelle façon de vivre l’amitié, à mille lieues des passions, n’intégrant plus ni la peur ni les jeux de pouvoir.

L’histoire et l’actualité privilégient les couples célèbres et les grandes (ou les petites) amours. C’est en même temps pour réparer l’injustice de ce privilège et pour découvrir de nouveaux modes de relations humaines que Jacqueline Kelen a mené l’enquête en s’appuyant sur de nombreux témoignages d’hommes et de femmes, connus ou non. L’amitié accompagne tous les âges et toutes les étapes de l’existence. L’amitié apprend à aimer l’autre sans vouloir le capturer, sans vouloir le rendre pareil à soi, sans chercher à le changer. Finalement, on peut dire qu’elle est signe de maturité et qu’elle repose sur le partage de l’essentiel.

Jacqueline Kelen est française. Diplômée de lettres classiques, elle est écrivain, conférencière, spécialiste des mythes de la tradition occidentale et de la démarche mystique. Elle a été pendant 20 ans productrice à France Culture.
Elle s’est consacrée aux grands mythes de l’humanité, comme en témoignent ses ouvrages : Marie-Madeleine, un amour infini ; L’Éternel masculin ; Les Femmes éternelles et Les Femmes et la Bible.
Dans La faim de l’âme, Jacqueline Kelen aborde le délicat sujet de l’anorexie et elle le fait d’une manière tout à fait originale. 
En 2002, elle reçoit le prix ALEF des librairies du mieux-être et de la spiritualité pour son essai L’Esprit de solitude, dans lequel elle célèbre « la voie solitaire, seule voie salutaire ».

Aimer d’amitié est paru le 1er juillet 1999 chez Robert Laffont. Collection Réponses. 230 pages.
ISBN : 9782221098752.

Couverture du livre de Pauline Hillier : Les contemplées

Éditions La manufacture de livres

LES CONTEMPLÉES

Un roman de PAULINE HILLIER

Prix Louis Guilloux en 2023

À Tunis, ce jour-là, une manifestation tourne mal. Une jeune française est arrêtée et emmenée à La Manouba, une prison pour femmes. Lors de cette incarcération, elle découvre un nouvel ordre du monde reposant sur des règles qui lui sont dictées dans une langue qu’elle ne comprend pas, ou peu. Sa cellule, au cœur du pavillon D, elle la partage avec 28 autres détenues. Elle n’a rien pu emporter, si ce n’est ce livre qu’elle affectionne : Les Contemplations de Victor Hugo.
Il faut se rattacher à quelque chose : une fenêtre à travers laquelle filtre la lumière, une fenêtre pour s’enfuir peut-être.
Très vite, dans les marges du livre, la jeune femme commence à écrire son histoire. Elle décrit cette tueuse, ces voleuses, ces victimes d’erreur judiciaire, dont les visages se gravent à jamais, leurs regards, leurs sourires, et, par-dessus tout, leur volonté de rester dignes, quelles que soient les circonstances.

Vibrant d’humanité, Les contemplées constitue un roman autobiographique enflammé. Il nous livre le portrait de femmes unies face à l’injustice des hommes.
Il a fait l’objet de nombreuses citations pour des prix littéraires : prix littéraire du barreau de Lille, prix Jésus Paradis (2024), prix Alain Spiess, prix Louis Guilloux (2023), prix littéraire Athéna de la ville de Saint-Pierre (2023), prix du barreau marseillais, en sélection aussi pour l’édition 2023 du prix Coiffard à Nantes.

Pauline Hillier est une écrivaine et activiste. C’est en Vendée qu’elle débute l’écriture : elle est adolescente. Durant ses études d’arts du spectacle à Bordeaux, elle écrit et met en scène pour le théâtre, avant de partir deux années à Barcelone où elle écrit son premier roman : À vivre couché (2014).
Membre du mouvement international Femen de 2012 à 2018, elle participe à de nombreuses actions.
Elle est emprisonnée en 2013 en Tunisie avec deux autres membres de son groupe après une action menée pour réclamer la libération d’une militante tunisienne.
Elle contribue à la rédaction du Manifeste Femen (2015). En 2017, elle est coauteure avec Inna Shevchenko d’Anatomie de l’oppression, paru aux éditions du Seuil et de Rébellion.

Pauline Hillier au cœur des geôles tunisiennes : sur FRANCE TV

Diffusion : le 9 février 2023.

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Les contemplées est paru le 9 février 2023 à la Manufacture de livres, 184  pages.
ISBN : 978-2358879415.

Réédité en Poche (« J’ai lu ») le 7 février 2024, 256 pages

*** De la même auteure, à lire absolument : À vivre couché, Onlit Éditions, 2014.

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